lundi 20 juin 2011

L'art déco à Auckland


Cette fois-ci j'ai bien envie de vous parler de l'art déco, très populaire dans l'entre deux-guerres, considéré comme le dernier art décoratif en architecture. Faisant suite à l'art nouveau aux formes courbes, l'art déco est caractérisé par des formes géométriques, l'utilisation du béton ainsi que celle du zigzag comme motif décoratif. Il est parfois orné de fresques figuratives stylisées annonçant la fonction du bâtiment. À Montréal et même en Belgique, il utilise fréquemment la brique mais en Nouvelle-Zélande, il préfère l'utilisation seule du béton. Une calligraphie art déco lui est également associé.
Auckland et ses alentours sont dotés de très beaux bâtiments art déco. En voici quelques exemples.

 Le cinéma de Devonport
 La construction de cinémas dans les années 1930 correspond à l'apogée de l'art déco. Aussi, à Auckland, il sont tous construits dans ce style.

La calligraphie est superbe.

Mission Bay, à l'est d'Auckland, regorge de bâtiments art déco. Ici une de ses caractéristiques, le ziggourat, rappel des temples aztèques notamment.




 L'habitat est aussi art déco à Mission Bay


 Les vaguelettes stylisent la mer, située à deux pas de ces habitations

Le portail s'intègre parfaitement avec l'ensemble

Même le jardin est de forme géométrique

 L'attention au détail est systématique


Du côté de chez nous, à Ponsonby, surnommé "Ponsnoby", car c'est le quartier branchouille du moment, un bel exemple de style paquebot, une des branches de l'art déco. On voit bien ici le pourquoi de l'appellation!

C'est superbe non?

Émilie

samedi 18 juin 2011

Les Maoris


Je me suis dit que si je vous montrais une fois de plus des photos de  forêt tropicale vous finiriez peut-être par vous lasser. Alors aujourd'hui je ne vous parlerai pas de la nature, qui demeure toutefois un sujet d'émerveillement pour moi, pour aborder un sujet plus sérieux, les Maoris.
Je profite du festival de la photographie d'Auckland pour écrire sur la question. En effet, c'est dans ce cadre qu'à la galerie où je travaille on expose des photographies de luttes maories majeures entamées dans les années 1970. Ce qui est une nouveauté pour la galerie qui expose d'habitude de l'art pictural.

Pour faire court, les Maoris, originaires des îles du Pacifique, sont arrivés en Nouvelle-Zélande il y a environ 1000 ans. Ce qui fait d'eux de sacrés navigateurs étant donné les milliers de kilomètres à parcourir sur de grandes pirogues.
La Nouvelle-Zélande n'a jamais été peuplée auparavant. Au début du XIXe siècle, les colons britanniques, appelés Pakehas (mot qui désigne l'ensemble des colons européens), se sont mis à occuper de plus en plus de terres. En 1840 un traité, appelé traité de Waitangi du nom du lieu où il fut signé, est ratifié par les Maoris et les Britanniques. Il fait de la Nouvelle-Zélande une colonie britannique. Ce texte fait l'objet d'un conflit d'interprétations. En langue maorie, il indique que la reine gouverne les colons mais que les Maoris gardent la souveraineté sur eux même et sur leurs terres. En revanche, en anglais, le traité précise que la reine règne sur la Nouvelle-Zélande dans son entièreté. Ce texte est alors devenu un sujet de tensions.
En 1970, de jeunes Maoris ont revendiqué une reconnaissance de leurs droits concernant les terres cédées à la Couronne. Les revendications sont politiques, économiques et culturelles. En effet, au milieu du XXe siècle, le fait de parler maori a été découragé ce qui a entraîné une perte de transmission de la langue et donc de la culture. Aujourd'hui, seules les personnes âgées parlent maori.
Voici quelques photographies des manifestations menées au cours des années 1970.

Une opposition entre Maoris et force de l'ordre
Des personnes de tous âges participent à l'évènement
Devant les principaux monuments de Wellington, la capitale
Aujourd'hui, la culture Maorie est plutôt présente en Nouvelle-Zélande même s'il ne s'agit peut-être que de symboles, voire même d'une récupération. Dès l'arrivée à l'aéroport, on est accueilli par une reconstitution de l'entrée d'une maison maorie (voir le 2e message de ce blogue). Quant au musée d'Auckland, il fait très largement mention de l'histoire des Maoris, de l'arrivée des Britanniques, de la perte de territoires maoris et de la guerre qui s'en suivit. La différence d'interprétation du traité de Waitangi y est développée. 

Le musée néo-classique d'Auckand

Un musée bien fait quoiqu'à la muséologie franchement vieillotte

L'art contemporain maori est présent un peu partout, notamment dans les parcs nationaux, ici à l'ouest d'Auckland.


La reconnaissance de cette culture va même jusqu'à l'enseignement de la langue maorie dans toutes les écoles primaires. On peut lire partout les mots "Kia Ora", qui signifient "bonjour" ou "bienvenue", notamment sur de nombreux site internet officiels.
Enfin, symbole très fort, le haka, danse traditionnelle maorie, exécutée au rugby par les All Blacks, qu'ils soient pakehas ou maoris, avant un match: 

Cependant, la Nouvelle-Zélande est une création du XIXe siècle et se cherche une culture propre. La culture maorie est ainsi mise en avant et dans les boutiques à touristes, on trouve toutes sortes de babioles représentant l'art maori.
Dans la vie de tous les jours, les Maoris sont visibles et présents dans l'économie. En revanche, ils occupent tous les emplois non qualifiés et sont gravement touchés par l'obésité.
Ils vivent dans la banlieue excentrée et pauvre d'Auckland. Dans les quartiers riches et blancs qui encadrent le centre-ville, ils ne sont présents que pour travailler.
Et si les sans-abris sont rares en Nouvelle-Zélande, quand on en rencontre ce sont généralement des Maoris.

Mais j'ai aussi observé en travaillant à la galerie lors de l'exposition de photographies que les visiteurs, certes parmi la frange la plus éduquée de la population, s'intéressent au sujet. Ils sont venus nombreux, en ont discuté, certains ont même participé à ces manifestations, il y a 40 ans.

Émilie

jeudi 9 juin 2011

Rangitoto


Rangitoto est une île située au large d'Auckland. Depuis la ville, l'île apparaît montagneuse et couverte de forêts. C'est effectivement une île inhabitée, même s'il s'agissait d'un lieu de villégiature dans les années 20 pour la bourgeoisie d'Auckland. Celle-ci s'y faisait construire des "baches", de petites maisons en bois, par des prisonniers, amenés sur l'île à cette fin. Ils servent aujourd'hui toujours de lieu de villégiature pour les fin de semaines, l'île se trouvant à 20 minutes en ferry d'Auckland.

Rangitoto en rouge.


Nous sommes allés à Rangitoto pour participer à la restauration de ces baches, aujourd'hui en fort mauvais état. Là nous furent accueillis par une association composée essentiellement de sympathiques retraités, pas trop pressés. Ils se réunissent en effet le samedi, toutes les deux semaines, et se sont trouvés un peu embêtés quand nous leur avons offerts nos bras... heureusement on a quand même trouvé de quoi nous occuper, on s'était levé à 7h un samedi pour ça tout de même.

Les "baches" furent détruits en partie dans les années 90, ci-dessous l'exemple d'un bach dont il ne reste que les marches à l'entrée ainsi que la cheminée et l'évier.

Notre tâche consistait à refaire les fondations d'un bach isolé, situé au bout d'une route bordée d'arbres, à 5 minutes de la mer.


Il s'agissait de retirer les piliers pourris par l'humidité, de scier une planche à la même longueur et après l'avoir mise en place, de la consolider avec du ciment. Ces habitations sont en fait pour la plupart montées sur pilotis en raison de la roche volcanique inégale et extrêmement dure qui sert de sol.

Ce qui donne ceci:


Expérience plutôt chouette, vraiment!

Autre aspect intéressant de Rangitoto, ses paysages. L'île est accolée à une deuxième île, l'île de Motutapu, très verdoyante sur laquelle vivait des Maoris lorsqu'il y a 700 ou 800 ans, une autre île est sortie de l'eau, juste sous leur nez. Rangitoto, en effet un ancien volcan et a un paysage lunaire, des monticules de lave durcie constitue l'essentiel du sol de l'île. L'herbe n'a pas tout recouvert et les arbres ne poussent pas bien haut. On peut comprendre que Rangitoto, pourtant située dans la zone la plus densément peuplée du pays, ne soit pas habitée, l'agriculture y est impossible.
Un aperçu, de l'arrivée en bateau, jusqu'aux chemins chaotiques empruntés en 4x4 pour se rendre au bach à restaurer.

Le quai où le ferry accoste.


Le sol très noir et sa végétation rase.

Au bord de la mer on aperçoit quelques baches.

La végétation devient toutefois plus dense au bord de l'eau.



L'île de Motutapu en face.

L'île est aujourd'hui encore un lieu de villégiature, même si les maisons secondaires n'ont pas l'électricité.


Plus verte et plus ancienne, Motutapu attenante à Rangitoto et séparée de cette dernière par un mince canal.


Le pont reliant les deux îles, avec Émilie à côté pour l'échelle ;)

Le chemin du retour, bordé de pierres volcaniques, avec de magnifiques photos floues prises par Mehdi, installé par manque de place dans la remorque du pick-up. C'est pas comme si le code de la route s'appliquait vraiment sur une île inhabitée de toute façon...




jeudi 2 juin 2011

Birkenhead


Nous avons peu de jours de congés en commun ce qui est dû notamment à l'emploi du temps aléatoire d'Émilie, à la galerie d'art où elle travaille. Pour ceux que la galerie intéresse: http://www.ppg.net.nz/PPG/index.html.

Bref, quand nous avons une journée par semaine pour se balader nous en profitons au maximum.
Une de nos dernières excursions fut une randonnée sur la côte Nord d'Auckland, dans une banlieue du nom de Birkenhead qui abrite les restes d'une forêt de kauri et un petit parc national.

Pour s'y rendre, on s'éloigne de la métropole en empruntant un pont qui surplombe le Pacifique.

Nous nous retrouvons bientôt dans le calme absolu de petites criques.

Lesquelles nous mènent au bord d'un lac, bordé d'une végétation dense.


La balade semble calme jusqu'à ce qu'on aperçoive un panneau nous prévenant de la possibilité d'un tsunami!

Le site doit être toutefois relativement sûr puisqu'il abrite une belle sucrerie de la fin du XIXe siècle.
Grâce à sa belle couleur, nous apercevons cette usine des plages près de chez nous, de l'autre côté du pont.

La rando nous fait découvrir une espèce inconnue dans nos contrées.

Petit à petit, on s'enfonce de plus en plus dans la forêt en longeant des eaux stagnantes.

Les lieux deviennent de plus en plus sombres et humides.


Nous ne sommes qu'à 10 min en voiture d'Auckland mais c'est comme si nous étions vraiment au fin fond de la Nouvelle-Zélande. La randonnée dure toute la journée sans que l'on croise un être humain.




En Nouvelle-Zélande la flore est particulièrement protégée. Au moment d'entrer dans une nouvelle section de la forêt, nous devons nettoyer nos chaussures pour ne pas propager de maladies lors de notre marche. Le kauri est en effet un arbre endémique en Nouvelle-Zélande et plus particulièrement dans la partie septentrionale de l'île du Nord. Après avoir souffert d'au abattage massif, le pays essaye de protéger cet arbre qui joue une part importante dans la culture maorie.

The end!