jeudi 1 septembre 2011

Le lai de Rosalie

Suite à incident technique indépendant de notre volonté notre programme habituel est remplacé par un intermède culturel.



Le lai de Rosalie



Oyez, oyez braves gens !
Venez là plus en avant !
Entendre le triste
Récit d’une anarchiste.

Née il y a vingt-deux ans,
Rosalie, ne préférant
Rien plus que le chaos,
Voulait secouer de haut
En bas l’ordre établi.
« À bas les sales nantis ! »
Disait-elle de temps en temps.

Mais elle avait cependant
Vite compris : « pour vivre
Heureux, nul besoin d’ivres
Comparses, vivons cachés ! »

À ses visées consacrée,
Elle ruminait subtile,
La vision d’une idylle
Avec ce fameux grand soir.
Bâtie comme une armoire,
Elle paraît sans faiblesse.
La batterie seule laisse

Partir son dernier soupir.
« Peu me chaut qu’elle expire ! 
Car on ne se méfie pas,
Ou peu, des petits achats. »

Drapée dans ses certitudes,
Elle confie aux habitudes
L’ultime volet du Plan.
Rien n’est donc préoccupant
En ce grand jour de départ.
 Comme un charme elle démarre.
Trois semaines d’aventures

Avec cette fidèle voiture
C’est le voyage de notre vie !
D’Auckland à Taupo, l’étape
Sera parsemée d’agapes.



Quand tout à coup se déchaîne
Rosalie ! Ce n’est qu’ haine
Et furie que le moteur
Crache noir et nous apeure.
Une poignée de kilomètres
Nous restait qu’elle envoie paître !
Tokoroa, au beau milieu





De nulle part. C’est ennuyeux.
Car vous qui entrez ici
Laissez tout espoir. Et si
De trois jours fut notre sentence,



Rosalie n’eut pas cette chance.
Elle ne put que s’incliner,
La danse trop bien menée,
À sa surprise fut macabre.
Elle repose sous l’arbre
D’une sombre casse, où vendue,
Elle fut vite mangée toute crue !


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